LE GRAPHISME ET L'ÉCOLOGIE (Part1)

Mis à jour : il y a 6 jours

Le graphisme est une activité qui comme toute autre, entraîne des dépenses énergétiques et matérielles. Celles-ci ont un impact sur l’environnement que l’on peut minimiser en faisant les bons choix. Le graphiste et son client peuvent donc limiter cet impact environnemental à travers la conception et la fabrication des créations graphiques utiles à la communication visuelle d’une entreprise. Dans cet article je vais vous donner quelques conseils pour vous aider à faire les bons choix.

En matière d’impression des supports de communication créés par le graphiste,

il est possible d’avoir un comportement raisonné et responsable en choisissant bien son imprimeur en fonction des écolabels qu'il affiche, mais aussi en choisissant bien son papier (son épaisseur en particulier) ou ses finitions de fabrication.


Comment choisir son imprimeur :

Vérifiez que votre imprimeur possède des écolabels qui certifient la gestion durable de son activité. Voici quelques labels qu’il est important de savoir reconnaître. Vous pourrez les trouver facilement sur les sites web des imprimeurs, car aujourd’hui ils ont tout intérêt à les afficher, cela est devenu un argument commercial, ce qui est une très bonne chose :

  • PEFC : label européen qui certifie que le bois utilisé pour fabriquer les papiers est issu de forêts gérées durablement.

  • FSC : label international qui certifie également une gestion durable des forêts.

  • L’Écolabel : ce label européen prend en compte toutes les étapes du cycle de vie du papier : consommation d'énergie, rejets gazeux, effluents liquides, origine des fibres, gestion durable des forêts, utilisation de substances chimiques. Il montre que le papier utilisé pour l’impression respecte des seuils d’émission de pollution à ne pas dépasser.

  • APUR : ce label est délivré pour les papiers contenant au minimum 50 % de fibres recyclées.

  • FN Environnement : label français qui distingue les produits dont l’impact sur l’environnement est réduit. Il n’est pas nécessaire si l’imprimerie a déjà obtenu l’Écolabel, car les critères environnementaux sont les mêmes mais à l’échelle européenne.

  • La norme ISO 14001 : cette norme se base sur le principe de la boucle d’amélioration continue des imprimeries, dans le but d’améliorer leurs performances environnementales. Elle existe dans de nombreux domaines industriels.

  • La marque Imprim‘Vert : elle certifie la collecte et le traitement des déchets d’imprimerie par des prestataires de traitement et de recyclage agréés par l’État, elle engage l’imprimeur à ne pas utiliser de produits toxiques dans le cadre d’’impression offset pouvant entraîner des risques de pollution sur l’eau, le sol ou l'air, ou nuire à la santé et la sécurité des équipes de fabrication des supports de communications.

  • Autres labels à connaitre : L’Ange bleu (Allemand), Le Cygne blanc (Scandinave), Paper by Nature (pour la papeterie en Europe).

SOURCE : Guide des Normes et labels environnementaux pour les produits papiers par EcoFolio et ADEME

En plus de ces labels, il est bien évidemment préférable de faire imprimer vos créations, plaquette, dépliant, brochure etc. par un imprimeur local proche de chez vous, dans la mesure du possible. Pensez également à éviter de faire des impressions en sérigraphie, car cette technique d’impression est très polluante, même si en tant que graphiste je reconnais la grande qualité de rendu qu’offre celle-ci.


Comment choisir son papier :

Lorsque vous imprimez un support de communication, vous devez choisir le grammage au mètre carré de votre papier, autrement dit son épaisseur. Il en sera de même pour vos packaging si ils sont en papier ou en cartonnerie. Vous pouvez décider d’utiliser un grammage un peu plus léger qu’à l’habitude pour permettre d’économiser un peu de CO2.

Car si vous commandez par exemple vos cartes de visite ou votre packaging en ligne, cela constituera un colis moins lourd à transporter (car le papier ça pèse !) et cela consommera aussi moins de matière première.

Voici un exemple de packaging que j’ai pu réaliser pour Fleurdumaquis. Nous avons choisi un papier plus léger de 20 gr que le standard proposé par l’imprimeur,

soit 260 gr au lieu de 280 gr.

La qualité du packaging n’a pas été altérée pour autant, et ma cliente était bien heureuse d’avoir pu concilier marketing et écologie à la fois, car cela correspond à son image de marque.

Aujourd’hui les imprimeurs proposent une grande gamme de papier recyclés, vous trouverez facilement votre bonheur en farfouillant sur leurs sites !


Les finitions de vos impressions :

Voici à quoi rassemble une pelliculeuse

Dans ce domaine, évitez les pelliculages en tous genre lorsque cela est possible. Pourquoi me direz-vous ? Et bien parce que le pelliculage est une fine couche de plastique posée par-dessus l’impression pour protéger celle-ci. Mais dans beaucoup de cas, le pelliculage n’est pas nécessaire, car la plupart des supports imprimés sont voués à une utilisation temporaire non durable, tels que les flyers ou les cartons d’invitations événementiels. Il est important de savoir que cette fine couche de pelliculage (plastique) empêche le papier d’être recyclé.

Les vernis quant à eux (sélectif, 3D, brillant ou mate...) sont un concentré de produits chimiques très polluants pour l’eau, les sols et l’air. Ils sont déjà présents dans les encres pour les stabiliser sur le papier, donc autant limiter leurs utilisations en finition. Utilisez les pelliculages et les vernis uniquement pour des supports de communication durables tels que vos cartes de visite ou les couvertures de vos plaquettes d’entreprise, tout en gardant en tête qu’il ne faut pas en abuser pour le bien de la planète.


Je vous donne rendez-vous dans un prochain article pour continuer d'explorer le thème du graphisme et de l'écologie, à travers la conception graphique qui est liée à la consommation d'encre d'impression, et le choix d'ordinateur pour un graphiste freelance.


Claire Ferrat

Graphiste Freelance

www.design-5.net

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